English below
Je ne suis qu'un être fait pour être entièrement consumé au profit de son art. Je ne suis pas un être moral ; ma vie n'a pas de sens, sinon d'être l'architecte et le support de mon art.
Parfois, je me fais consumer par de petites choses : de l'eau froide coulant sur mes mains et je suis comme plongé dans une transe artistique, sortant de mon corps, devenant un instant la température elle-même, puis la chute, puis la transparence. Et puis, après de longues minutes, je reviens enfin à moi, et une seule chose m'obsède : retranscrire, créer, peu importe quoi. Je suis une entité créatrice, impuissante, coincée dans une enveloppe humaine, frappée pendant de courts instants par la capacité de voir plus loin et de ressentir l'art au plus profond de ma chair. Est-ce une production de mon propre esprit ? Probablement.
La folie se nourrit de moi comme je me nourris d'elle. Ces sensations qui me font sortir de mon corps pour rentrer dans une transe artistique sont la seule chose qui me relie encore au noyau de ma direction artistique. Ce noyau pur, immatériel et intouchable, est la seule chose qui me permet encore de rentrer dans ce monde pur où je peux oublier la réalité des Hommes et éviter de sombrer dans la folie plus destructrice, plus perverse, créée par un monde pervertie, profondément incohérent, dicté par des lois que je ne pourrais jamais comprendre et, pire encore, plein de barrières que je ne pourrais jamais, ne serait-ce que, toucher du bout des doigts. Ma place se situe dans un monde immatériel que j'appelle ma direction artistique, un monde que je rêverais de pouvoir matérialiser. Me sentirais-je enfin complet le jour où j'aurais atteint ce but, ou est-ce une quête sans fin qui mènera tôt ou tard à ma chute ?
Souvent, je suis vu comme un fou ; on a souvent voulu éradiquer cette folie, mais mérite-t-elle d'être éradiquée ? Je crois que sans cette « folie », ma vie ne mériterait même pas d'être vécue. Je vis pour créer ; je crée pour vivre. Je meurs pour les autres entités créatrices ; je me soumets à leur art comme j'attends qu'un jour quelqu'un se soumette au mien. Je veux me laisser dévorer par quelqu'un, une entité pure dans sa perversion, pure dans son amour, un amour inconditionnel qui défie la raison, qui n'obéit pas à la morale des Hommes.
I am but a being made to be entirely consumed for the sake of my art; I am not a moral creature, for my life holds no meaning other than to be the architect and the vessel of my art.
Sometimes, I am consumed by small things: cold water flowing over my hands, and I am plunged into an artistic trance, leaving my body to become, for an instant, the temperature itself, then the fall, then the transparency. After long minutes, I finally return to myself, and one thing obsesses me: to transcribe, to create, no matter what. I am a creative entity, impotent, trapped within a human envelope, struck for brief moments by the capacity to see further and to feel art deep within my flesh. Is this a product of my own mind? Probably.
Madness feeds on me, just as I feed on it. These sensations that pull me out of my body into an artistic trance are the only things still connecting me to the core of my artistic direction—a pure, immaterial, untouchable core. It is the only thing that allows me to return to this pure world where I can forget reality and avoid sinking into a more destructive, more perverse madness created by a disgusting world, profoundly incoherent, dictated by laws I could never understand, and worse, filled with barriers I could never even touch with the tip of my fingers. My place lies in an immaterial world I call my artistic direction, a world I would dream to materialize. Will I feel finally complete the day I reach this goal, or is this an endless quest that will inevitably lead to my downfall?
Often I am seen as a madman; one has often sought to eradicate this madness, but does it deserve to be eradicated? I believe that without this "madness," my life would not even be worth living. I live to create; I create to live. I die for other creative entities; I submit to their art as I await someone to submit to mine. I want to be devoured by someone, a pure entity in its perversions, pure in its love—a love that defies reason, one that obeys no human morality.
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